Championnat du monde de side car au Mans (03/09/2009)S'abonner au fil RSS

Jean-Michel Le Roy pour Le Télégramme Auto


Le side de piste, c'est un peu comme un relais entre hier et aujourd'hui, show à tous les étages. Drôles d'engins, drôles de bonshommes, drôles de formule.


Championnat du monde de side car au Mans 

Avec la passion intacte des derniers dinosaures

 

La finale du championnat du Monde de side, c'est au Mans ce dimanche. Entre deux courses du championnat de France Superbike.


C'est comme une réminiscence de la passion d'antan. Comme un retour étonnant vers une époque où Barry Sheene venait prendre une bière avec ses potes du public, une époque qui voyait  Agostini déambuler  tranquillement dans les allées du paddock encore envahi de tentes, des remorques improbables et des mécanos un peu cradingues mais  pas encore accoutrés comme des têtes de gondole. La nostalgie n'est plus ce qu'elle était certes, elle a un côté passéiste qui peut déplaire à nos jeunes amis gonflés à bloc des certitudes de leur passion motarde.  « Il ne sert à rien de ressasser des vieilles histoires, tonton ! » me souffle mon neveu Thomas qui vient de se faire un tour du Bugatti en moins de 1'52'' avec sa Kawa pour lui  antédiluvienne. « Elle a quatre ans, tu te rends pas compte du tas »
 Ainsi va la jeunesse pour qui le temps d'hier n'a pas plus de valeur qu'un vieux pneu éclaté par un run de frimeur.
N'empêche, que ce dimanche, n'en déplaise à ces jeunes coqs, j'irai faire mon tour du côté du Mans. Le Bugatti accueille en effet une finale mondiale. Tout simplement. Pour le titre, c'est râpé pour les frangins Reeves. La casse moteur lors de la deuxième course du week end dernier en Croatie les a privé de la succession du Finlandais Pakka Paivarinta qui n'en finit pas de changer de partenaire. Cette année, ce bon Pakka roule avec Adolf. Hanni de son nom, rassurez vous.
Les cadors en 2009, ce sont les frères Birchall. Désormais, les Britons brothers comptent quatorze points d'avance sur les Finlandais, de quoi mettre la Pale Ale au frais avant la dernière course. 

Discipline maudite des Grands Prix moto, le side n'en peut plus de se chercher un public. L'an dernier, les acrobates avaient conquis les routiers, sympas, venus en pèlerinage au Mans pour les 24 Heures camion. Cette année, les singes et leurs pilotes retrouveront un public plus motard : celui du championnat de France de Superbike. Pas sûr qu'ils y gagnent au change question chaleur de l'accueil.

Ils s'en foutent un peu nos derniers dinosaures. Ces gars-là et ces quelques filles, il y en a et pas seulement comme passagères sont de la trempe des vieux cuirs d'antan. Tannés à la galère financière, vous en connaissez beaucoup vous des annonceurs capables de mettre leur nom sur un tel appareil, rompu aux longues veillées mécaniques, pas vraiment d'équipes d'usine, alors les trains, on les règle soi-même, et quelquefois, eux aussi, bardés de cicatrices comme autant de faits d'arme.

Pour les radins amoureux, vous pouvez emmener votre copine, l'ACO vous fera un prix d'ami. Un ticket acheté (17 € pour le week end), un ticket offert. Pour voir des tonnes de passion, c'est pas trop.


Jean-Michel Le Roy

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