F1 : Renault sur le banc des accusés (11/09/2009)S'abonner au fil RSS

Jean-Michel Le Roy pour Le Télégramme Auto


Piquet avoue tout. Les patrons de Renault se taisent. Tempête en perspective chez le premier constructeur français. Quand c'est Briatore qui magouille. C'est Renault qui paye l'addition. Cash.


F1 : Renault sur le banc des accusés  

« Au cours du Grand Prix de Formule Un de Singapour, qui s’est tenue le 28 Septembre 2008 et comptant pour le championnat 2008, j’ai été invité par M. Flavio Briatore, qui est à la fois mon agent et le directeur de l’écurie ING Renault F1 Team, et par M. Pat Symonds, le directeur technique de l’équipe Renault F1 Team, afin d’altérer délibérément ma voiture dans le but d’influencer positivement la performance de l’équipe ING Renault F1 à l’événement en question. J’ai accepté cette proposition et  causé l’accident contre le mur pendant le tour 13/14 de la course. » (Nelson Piquet, aux membes de la FIA chargés de l'enquête sur son accident lors du GP de Singapour en 2008)


Course truquée, accident volontaire, dénonciation, tout ne va pas pour le mieux pour Renault en ce moment en Formule 1. On  savait Flavio Briatore souvent ''border line'', le voici publiquement dénoncé comme tricheur, menteur et malhonnête.  Rude coup pour l'image du patron du dispositif Renault en Formule 1. Même si le bougre sait naviguer en eaux troubles,  ce coup-là pourrait lui être fatal.

La direction de la grande entreprise française semble évidemment fort embarrassée et chacun attend vainement une réaction au plus haut niveau de l'entreprise. Pour l'instant, le silence de Flavio Briatore ne suffit pas à endiguer le flot d'interrogations.
Pourquoi un tel mutisme ? Tout simplement parce que, décidément, la structure F1 du Losange semble bénéficier d'une autonomie totale de fonctionnement. Carlos Ghosn a reconduit Briatore, il lui faut désormais assumer son choix. Risque de bourrasque au sein du conseil d'administration de la première marque française d'automobile.

Quelques questions peuvent en effet être posées naïvement. Comme cette absence totale de communication sur les victoires du moteur Renault lorsqu'il équipe une Red Bull. Vettel et Weber sont parmi les prétendants à la couronne mondiale. Rien ou pas grand chose n'émane des services de com de Boulogne-Billancourt lorsqu'une performance est à mettre à l'actif des voitures soutenues par la célèbre boisson énergisante. La peur de faire la promo pour un produit quelquefois décrié ? La volonté de laisser l'autonomie aux services de Red Bull? Le manque de réactivité ?
Toujours est-il que lorsque Renault ailleurs que dans un châssis officiel gagne, c'est un peu silence radio chez Renault.

Les faits parlent. Jamais dans le coup vêtu de jaune, le propulseur badgé du Losange fait merveille dans les productions d'Adrian Newey. Il ne faut pas être un grand spécialiste de la F1 pour comprendre que les  voitures dirigées par Briatore ne valent pas grand chose côté châssis et liaisons au sol.  

Diriger une entreprise, c'est quelquefois accepter de s'être trompé dans ses choix. Le big boss saura-t-il trancher ? Pourra-t-il dire son fait à Flavio ? Si cela n'en était pas ainsi, il semble vain de dépenser des fortunes au plus haut niveau du sport automobile. Du SPORT automobile !


Jean-Michel Le Roy

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